Capitale

 
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Tachkent, 2.1 millions d’habitants, est un premier contact un peu « soviétisant ».  Une fois dans cette grande ville pleine d’infinies avenues rectilignes et de buildings défraîchis, on a du mal à s’imaginer qu’il s’agit en fait de l’une des plus vieilles villes d’Asie centrale, occupée dès le Ier siècle avant J-C.  Les vicissitudes de l’histoire ont fait d’elle une cité cosmopolite où se côtoyent une bonne centaine de nationalités différentes, dans un espace, après tout, aéré, tranquille et relativement vert.  La toute grande place qui fait un peu office de centre, est surveillée par l’imposante statue d’Amir Timur, alias Tamerlan, à cheval et qui a détrôné celle de Karl Marx, égarée dans les oubliettes d’un passé pas si lointain.

Tachkent – 30 mars 2010.

Un retour légèrement pertubé

Me voici de retour au pays et la vie belge qui reprend sans attendre. 

Décidément, l’Islande ne me porte guère chance !  Enfin, il y a pire aussi.
Seulement un petit jour de perdu, a trouver une alternative suite aux aéroports fermés, puis une grande chance de pouvoir changer mon billet de Paris pour Nice, la seule place aérienne encore ouverte samedi, entre Moscou et le reste de l’occident européen.  Une fois en France, il faut encore se faufiler entre les différentes lignes de train en grêve,  mais le blocage à Moscou a été évité de justesse, et ça suffit à faire oublier tout le reste.

Restez à l’écoute : bientôt le récit de ma balade ouzbèke en photos !

de Nukus

Finalement, il y a un acces Internet a l`hotel ou je loge a Nukus.  C`est bien la le seul avantage de la place.  L`hotel, qui porte le meme nom que la ville, est un vestige des hotels sovietiques.  A moi, il me fait penser a une experience passee lors de mon premier voyage en Chine :  des hotels immenses avec des halls tape a l`oeil, et sur plusieurs etages, des chambres minables, au confort plus que douteux et aux sanitaires qui font office de decoration – la cle a aller chercher et a rendre a la proposee de l`etage qui attend avec un sourire… disons, sovietique lui aussi.

Bon, j`exagere un peu, en tout cas pour la situation ouzbeke, mais pas de beaucoup.  La place n`a manifestement jamais ete renovee depuis la chute de l`URSS.  Mais qu`est-ce que je fais la, alors ?  Dans cette ville aussi plate que le desert qui l`entoure, faite de grandes avenues vides bordees par de vieux buildings ?  C`est que Nukus abrite un extraordinaire musee des beaux-arts, le plus beau de toute l`Asie centrale.  On peut y admirer une fantastique collection de peintures d`artistes russes et aussi ouzbekes, prohibes durant la periode stalinienne, le pouvoir les jugeant anti revolutionnaires.  Mais voila, qui s`en tracassait reellement, tant que ces oeuvres etaient perdues au milieu d`une petite ville provinciale au fin fond du desert de l`Asie centrale.  Et bien tout a ete preserve et l`on peut actuellement admirer une partie de l`immense collection, via des expositions tournantes.  Le detour vaut assurement le coup…  Ce n`est pas non plus ininteressant de se trouver dans un endroit aux relents sovietiques… Enfin, meme s`il n`y a rien grand chose d`autre a faire que visiter le musee, il y a quand meme un bazar, aussi colore et anime que tous les bazars ouzbekes.  Ce qui permet aux villes les plus mornes de se doter d`un coin de vie grouillante et amicale.

Faut pas exagere non plus : rien ne justifie un jour de plus par ici, et la fin de sejour qui approche a grands pas ne me permet pas de pousser plus loin vers la mer d`Aral.  Faudra revenir !   Demain, retour par le meme chemin pour une ultime nuit a Khiva, avant de reprendre le train pour la capitale.

de Khiva

Apres toute une journee de trajet en taxi partage (4 places), sur une route (remplie de trous, comme la plupart des routes ici,  Ce qui n`empeche nullement le chauffeur de rouler a un bon 120 km/h) traversant un paysage on ne peut plus plat, de plus en plus desertique (avec quelques fois, le sable pousse sur la route, mais aussi de l`herbe verte qui pousse un peu partout : on est au printemps et il pleut de temps en temps), me voici a Khiva.

Qualifiee de ville-musee, Khiva est parfois consideree avec un peu de dedain, car les batiments sont plus recents que partout ailleurs et ont ete renoves de maniere, disons, lechee, voir un peu cliquante.   Moi, je me plais bien dans cet endroit.  C`est vrai que l`ensemble a des cotes un peu artificiels (et touristiques), mais ca reste bien joli.  C`est tout l`ensemble qui, pour une fois, est dans la meme veine architecturale.  Puis, il y a quand meme des gens qui vivent sur place, contrairement a ce qu`on pourrait imaginer en lisant les guides.  Il y a des habitants intra muros, et surtout extra muros.  Des petites ruelles etroites remplies d`enfants, et, incontournable, un bazar toujours tres vivant.  En m`y baladant, je me fais inviter dans la maison d`une marchange de tissus…  Ils m`offrent the, puis repas, puis un genre de liqueur de raisin qu`il est naturellement impossible de refuser,  Ils mettent la musique pour danser, et, finalement, me font promettre de revenir manger avec eux ce soir !  L`Ouzbekistan, c`est bien sur, des villes mythiques, mais c`est surtout une formidable hospitalite.

Programme pour la suite :  un saut a Nukus, histoire de visiter un incroyable musee, puis retour sur Ourgench pour prendre le train pour Tachkent, et, le temps passe si vite, come back home.  Peut etre une derniere impression en direct ?  Sinon, rendez-vous pour le recit en photos.

de Bukhara

Ca fait 3 jours que je suis a Boukhara.  La 4e ville du pays, et une etape obligee sur le parcours des voyageurs et, il y a longtemps sur celui de la route de la soie.

En gros, une partie ancienne, majoritairement pietonniere, ou l`on circule d`un vestige a l`autre, soit une mosquee, soit une medressa  (ecole coranique), d`epoques differentes mais de style fort similaire, avec de grands portiques rectangulaires ornes de ceramiques bleues, des coupoles bleu azur, d`immenses interieurs nus.  A Bukhara, il y a aussi un gigantesque minaret en briques qui forment des tas de motifs geometriques differents.  Il servait a appeler  la population, naturellement, mais aussi de phare pour les caravanes et, moins joyeusement, de lieu d`execution des condamnes, projetes du haut de la tour, sur ordre du tout puissant khan, qui avait apparemment le droit de vie ou de mort sur ses sujets et qui ne manquait pas de s`en servir selon son humeur.  Autre particularite de la ville : elle a conserve sa forteresse, celebre pour ses tres sinistres prisons, ou l`on hesitait pas, par exemple, a jeter des malheureux dans des pieces occultees remplies de tout ce que le pays pouvait comprendre d`insectes, scorpions et autres joyeusetes piqueuses et venimeuses.  Qui a jamais parle du `bon vieux temps`….

Sinon, c`est la place la plus touristique que j`ai visitee jusqu`ici.  Beaucoup de boutiques ou l`on trouve tapis, suzanis (grands draps brodes a la soie), chapeaux et autres poteries.  C`est tres colore et il faut marchander.

A cote du vieux centre qui forme comme un ilot, il y a la ville moderne, avec ses boutiques aux enseignes contemporaines (occidentalisee ?), et sa circulation incessante (mais bien moins dense que dans d`autres pays, aussi).

Partout ou je vais, j`aime me balader dans les bazars.  Il y a beaucoup de vie, des produits et des facons de les presenter etranges a des yeux etrangers.  Ici, les bazars ont l`air plus organises qu`ailleurs, sous de grands hangars, avec des etals paves de ceramique blanche.  Peut etre est-ce un reste de l`organisation sovietique ?  L`ambiance reste cependant tout a fait orientale.  Ce qui fait un curieux melange, parfois.

Je pensais poursuivre ma route aujourd`hui, mais une tentative de planning pour les derniers jours, me fait penser que je vais avoir un jour `inutilisable`, cad trop juste pour visiter quelque chose de nouveau.  Alors… autant le passer ici qu`a Tachkent.  Alors… depart demain ?   Pas sur… La proprietaire du b&b ou je loge vient juste de m`inviter a un mariage qui a lieu demain samedi, jour des mariages…

de Sakhrisabz

… l on m a dit que l on arrive a prononcer le nom de cette ville que lorsqu on y est alle !  Ca y est, j y arrive !  Sakhrisabz est la ville de naissance du heros du pays, j ai nomme Amir Timur, autrement nomme Tamerlan, conquerant impitoyable du 14e siecle, mais qui est le symbole glorieux de la nation ouzbeke  (et a ce titre, mis a toutes les sauces, statues et noms de rues) (vu qu il est aussi a l origine des magnifiques construction notamment de Samarkande, on peut bien passer sur les petits details de sa vie !!!! – nationalisme oblige).

Pourquoi faire le saut ici ?  Tout d abord, c est vrai, il y a quelques monuments interessants a voir.  Mais surtout, c est une petite ville de province, pas forcement sur les circuits classiques, et qui, est-ce pour cela, est restee tres authentique.  C est clair, on ne croule pas sous les touristes.  J ai beaucoup aime son ambiance, son bazar chaleureux et colore (ou je ne sais plus ou donner de l appareil photo, tant on le sollicite de partout), puis, la fantastique guesthouse ou je loge.  Il est rare d avoir un accueil de cette qualite.  On loge dans une sorte de maison des invites, qui occupe un cote de la cour interieure de la maison de toute la famille.  Le patron, un papy de 79 ans, est aux petits soins pour ses hotes et la nourriture delicieuse et plus que copieuse.  Aujourd hui, Papy et moi sommes alles en excursion dans la montagne, au milieu des petits villages en pise.  Bref, voila de quoi nourir mon envie de campagne.  Qui plus est, le temps s est remis au beau, d abord un peu timidement cote temperature, puis maintenant, carrement chaud.

Au programme de demain : trouver le chemin pour Boukhara, sans trop se faire arnaquer par les taxis collectifs.  Bonne nuit a tous ceux qui me suivent !

de Samarkand

…  Samarkand, ville au nom mythique qui a traverse les ages depuis les routes de la soie.  C est actuellement une ville en deux parties : la partie historique, parsemee de momuments uniques et impressionnants, et la partie moderne, russe (mais pas forcement sovietique). 

Mon logement : un petit b&b juste derriere le grand complexe de Registan, a deux pas des coupoles bleues, des minarets couverts de ceramiques et des facades qui font alterner le jaune des briques et les bleux des decorations plus qu abondantes.  Impossible de ne pas apprecier, meme si c est touristique.  Rester un moment assis devant le grandiose des edifices, alors que le bruit de la rue est etouffe.  Regarder deambuler les gens, encore en majorite ousbeke a ce moment, vetus de longues tenues colorees..  J aime aussi me balader dans les rues improbables, ou les maisons ne sont pas bien vieilles mais ou la vie tranquille se manifeste a toutes les portes. 

Le temps est un peu capricieux.  Soleil et grand bleu hier, pluie le soir et a present frais et tout gris.  Quoique j apercois a l instant un rayon de soleil.  Il est temps pour moi de remettre le nez dehors.  A bientot.

Premier contact

Tachkent, 19h10, heure locale (cad +4).  Je profite du PC de mon hôte pour rédiger quelques première impressions ouzbéques. 

Tachkent, c’est la capitale et aussi l’une des villes les plus peuplées de l’ex Union soviétique.  2,3 millions d’habitants, dit le guide Olizane, mais il date déjà un peu.  Si je parle de l’ex-union soviétique, c’est que la ville a gardé les marques indélébiles de cette période qui l’a transformée en un réseau de larges boulevards rectilignes et sans fin.  Ca donne à la ville un aspect particulièrement aéré, mais aussi froid et sans beaucoup de charme.  Ca reste toutefois bien intéressant de voir comment les gens y vivent, et l’endroit n’est pas du tout agressif.  Les habitants semblent prendrent leur ville comme elle est et s’y accomoder sans histoires, gentiment.  Il y a un métro très efficace, mais je préfère en général découvrir un lieu à pied.  C’est le seul moyen pour sentir ce qui s’y passe et repérer les petits riens insolites qui en font le quotidien.  Les gens, d’abord, semblent être d’origine fort variées.  Certains sont manifestement russes, d’autres ont un faciès tout à fait asiatique, la couleur de peau varie du clair au brun bien foncé – l’habillement va avec le reste, parfois très mode, style hautes bottes mauves à talons aiguilles – parfois très buisness, costume cravate noir ou gris brillants sur chemise blanche – parfois carrément campagne, foulards et longue robe à fleurs ou en velours, sorte de djellabah pour les hommes.

Bon, c’est difficile d’en dire beaucoup sur la ville.  On marche des km le long des boulevards monotones.  Il fait pas mal chaud.  Ca doit être internal en été.  Il y a malgré tout beaucoup de parcs et d’espaces verts et ils sont en train de remettre les fontaines en action après l’hiver.  Les arbres commences à être en fleur et rendent vie à la ville – qui me parait fort particulière en somme.

Demain matin, départ en train pour Samarcande.  La suite au prochain cybercafé  !